En cet après-midi du 3 février 2026, Aladji Bawé est assis sur une natte rouge, dans sa base de Zamboï (là où on creuse la richesse, ndlr), arrondissement de Garoua-Boulaï, département du Lom-et-Djerem, région de l’Est-Cameroun. Il discute à basse voix avec plusieurs personnes. Difficile de discerner ce qu’ils se disent. Ils échangent en Gbaya (langue communément parlée par une majeure partie de la population de l’Est). C’est bien après que l’on nous informe qu’il gérait un incident qui a eu lieu au niveau de la rivière Kadey qui sépare Garoua-Boulaï au Cameroun de la localité de Baboua, située dans la préfecture de Nana-Mambéré, en République centrafricaine (RCA). La pomme de discorde : les orpailleurs centrafricains ont mal dévié la Kadey en renvoyant les eaux du côté du Cameroun. Une bagarre s’en est suivie sur le terrain et il fallait arbitrer. En tant que gestionnaire du site minier de Zamboï 2, il a réussi à ramener la paix. Normal ! Les informations recueillies à bonne source sur le terrain révèlent qu’Aladji Bawé est le « patron » des sites miniers opérationnels dans la zone, tant du côté du Cameroun que de la RCA.
Lorsque vient notre tour d’être reçu par notre hôte, reconnu comme étant une élite de Garoua-Boulaï et un homme très influent, nous trouvons un homme accueillant. Notre guide le met en confiance sur l’objet de notre visite. Rassuré, il confie que l’activité minière artisanale et à petite échelle d’or y a débuté depuis plus d’un an. Elle se déroule 24h sur 24. La nuit, les lampadaires sont mis à contribution. Plus de 12 000 personnes sont recensées dans la zone, même si le nombre exact d’orpailleurs est difficile à déterminer. « Si on essaie de faire les calculs, les gens qui sont ici peuvent atteindre la moitié de la population de Garoua-Boulaï », confie notre interlocuteur, sourire en coin.
Le réseau de télécommunications qu’Aladji Bawé a fait installer pour une capacité initiale de 5000 personnes est déjà saturé, car la population augmente…
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