Interrogatoires des dirigeants d’université par des élus conservateurs du Congrès. Appels de sénateurs de droite à l’intervention de troupes lors des manifestations tenues sur les campus. Centaines d’arrestations d’étudiants et de professeurs, des contestataires non violents se retrouvant jetés au sol, aspergés de gaz lacrymogène et tasés.
Nous avons déjà vécu des événements de ce type. Dans mon livre Resistance from the Right : Conservatives and the Campus Wars in Modern America, je reviens sur la façon dont, tout au long des années 1960 et jusque dans les années 1970, des activistes conservateurs s’en sont pris aux manifestants anti-guerre et pro-droits civiques sur les campus, en exigeant que les présidents d’université et de la police prennent des mesures à leur encontre.
Un certain nombre de qualificatifs qu’ils employaient pour désigner les étudiants protestataires peuvent nous sembler familiers : ceux-ci étaient accusés d’être tout à la fois des élitistes choyés, des agitateurs étrangers et des communistes violents qui semaient la discorde pour détruire l’Amérique. Les conservateurs soulignaient que les manifestations interféraient avec le cours des activités universitaires et affirmaient que les administrateurs avaient le devoir de garantir les activités quotidiennes financées par les droits d’inscription.
À l’époque, les présidents d’université cédaient régulièrement aux exigences d’élus conservateurs, de contribuables en colère et d’autres groupes qui au nom de l’anticommunisme dénonçaient les étudiants en grève pour la paix et les droits civiques.
Aujourd’hui, les dirigeants des universités se mettent en quatre pour apaiser donateurs et élus en colère. Mais lorsque la présidente de l’université de Columbia, Minouche Shafik, a fait appel à la police de New York pour disperser les protestataires, elle a reçu une réprimande ferme de la part de l’Association…
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Auteur: Lauren Lassabe Shepherd, Instructor, School of Education, University of New Orleans

