Après avoir invité à « ne pas comparer » les victimes civiles israéliennes (tuées « délibérément ») et palestiniennes (tuées « involontairement »), après avoir appelé à « diviser si ce n’est par cinq, au moins par dix » le chiffre des victimes palestiniennes, émanant prétendument d’une « source unique terroriste », Caroline Fourest est revenue, le 28 mai dernier, armée de son dictionnaire des citations, nous reprocher de « mal nommer les choses » et donc d’ « ajouter aux malheurs du monde ». L’émission, bien nommée pour sa part, s’intitule « Fourest en liberté », et le sujet du jour est « Génocide : attention au mot ». On ne saurait mieux dire.
« En journalisme on apprend que si on qualifie par exemple un accident de voiture d’attentat horrible, et d’atroce, et de génocide, on va être à côté de l’émotion ». Caroline Fourest, LCI, 28 mai 2025
Pour ré-entendre le propos dans son intégrale horreur, c’est ici.
L’oratrice n’en est à vrai dire pas à son coup d’essai, sur ce sujet comme sur d’autres. Et elle n’est hélas pas la seule. Mais tout de même : nous parlons ici d’un crime contre l’humanité, de son euphémisation extrême, de sa relativisation, sa banalisation et sa rationalisation – autrement dit des opérations fondamentales qui structurent la parole négationniste. Y aurait-t-il matière à poursuites pour apologie ou négation de crimes contre l’humanité ? N’étant pas juristes, nous laisserons la question en suspens. Mais intellectuellement, éthiquement, le discours tenu par Caroline Fourest à propos de Gaza interpelle gravement et mérite, a minima, d’être relevé et retenu, pour le jugement des générations futures.
On notera tout d’abord la désormais habituelle dénégation et euphémisation du crime israélien : ce qu’il y aurait en lieu et place d’un chimérique génocide, ce sont simplement
« des bombardements non…
Auteur: Collectif Les mots sont importants

