La dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN) organisée au Maroc restera dans les mémoires non seulement pour l’intensité sportive et l’engouement populaire qu’elle a suscités, mais aussi pour les controverses arbitrales. Des actions litigieuses, l’usage de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) et la diffusion massive de ralentis ont ravivé les soupçons de favoritisme. Cela pose la question de la confiance dans l’arbitrage africain à l’ère du numérique.
The Conversation Africa a interrogé Pierrick Desfontaine, spécialiste des enjeux sociotechniques dans l’arbitrage des sports collectifs. Il a mené des études sur la VAR et les arbitres d’élite qui l’utilisent en France, et a enquêté au plus près d’eux à Clairefontaine. Universitaire attaché au rôle d’entraîneur-éducateur et à une direction du jeu humaine, il propose ici des pistes pour améliorer l’arbitrage africain..
Pourquoi l’arbitrage a-t-il suscité autant de controverses lors de la dernière CAN ?
L’arbitrage n’a pas suscité plus ou moins de controverses que lors de toutes les compétitions de renom depuis que l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) est installée. Les polémiques autour de l’arbitrage sont inhérentes aux émotions du football (amplifiées par les médias, les réseaux sociaux) et aux attitudes souvent impétueuses de ses acteurs. Elles sont renforcées par l’illusion que les technologies vont les régler : la non-résolution de ces erreurs d’arbitrage (parfois insolubles, même avec toutes les images possibles) renforce l’incompréhension des passionnés d’un sport total, mondial et excessif.
Ensuite, lorsque le pays organisateur est favori, les suspicions de favoritisme de l’arbitrage ou de corruption dans l’organisation émergent. Le Maroc, qui recevra une partie du Mondial 2030, a démontré des capacités sécuritaires et organisationnelles certaines. D’inévitables accrocs interviennent lorsqu’on coordonne de tels…
Auteur: Pierrick Desfontaine, Enseignant et agrégé d’Education Physique et Sportive, Université de Toulon

