C’est l’heure de vérité pour le canal Seine-Nord Europe. Ce couloir d’eau de 107 km de long, qui doit être creusé en parallèle de l’actuel canal du Nord pour faire passer des péniches XXL, sera au cœur de quatre jours de mobilisation, du 9 au 12 juillet, organisés dans le Pas-de-Calais par le collectif Mégacanal non merci et les Soulèvements de la Terre.
Ils militent pour un abandon pur et simple du chantier, dont l’impact sur les milieux naturels et les zones humides serait considérable et dont la facture prévisionnelle a déjà explosé, passant de 2,6 à 7 milliards d’euros.
Reporterre publie une enquête en vidéo sur ce chantier pharaonique. Grâce à des documents inédits, nous avons pu modéliser une partie du tracé, afin de comprendre les mensurations hors norme de l’infrastructure.
Les prochaines semaines seront cruciales. Malgré des décennies d’études, d’expertises et d’échanges avec les autorités environnementales, les promoteurs du projet n’ont jamais réussi à convaincre de sa pertinence. C’est ce que soulignent deux récents rapports de la Cour des comptes et du Comité d’orientation des infrastructures (COI), validant une grande partie des arguments des opposants.
En réponse, ses partisans ont redoublé d’efforts pour tenter d’imposer l’idée que le chantier serait déjà « irréversible », alors qu’environ 15 % des marchés de construction du canal ont été attribués. « On a cassé la marche arrière », claironne le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, dès qu’un micro se présente à lui.
Mais ce n’est pas l’interprétation du président du COI, David Valence : « Quelques kilomètres de lit artificiel sur l’Oise [ont été creusés], quelques ouvrages de franchissement, et c’est tout », a-t-il résumé au cours d’une audition au Sénat, le 1er juillet. Il estime…
Auteur: Erwan Manac’h

