Les 11 et 12 octobre se tenait un grand week-end de mobilisation contre un encore plus grand méga-canal Seine Nord Europe qui doit relier Compiègne à Lille. Retour et récit de ces journées de rencontres et d’actions.
Régime hydraulique – récit
L’eau du canal fait du sur-place, se déplace dans un sens puis dans l’autre au fil des écluses médiatiques. Ici un navire russe, là la dette, puis un fait divers, nos belles régions, un ministre qui fait trois petits tours et puis s’en va, quelques chansons, le zapping d’une limite planétaire dépassée, une réforme agitée tel un vieux chiffon rouge et une page de pubs. Mais moi, j’entends d’autres clapotis : 8 fois les terres de l’A69, 22 fois l’eau de Sainte-Soline, A bas l’état policier en fanfare, les visages et les souvenirs d’autres luttes : des centaines de vélos, le dédale de la Crémade, les danses sur des voiliers ; de la couleur, de la détermination, du sourire et du soutien. La flaque du quotidien – malgré la distance, l’organisation, l’énergie – a besoin de retrouver du courant.
La convergence pour remplir un véhicule se fait toujours plus ou moins sinueusement mais 48h après, nous roulons sur les départementales dans la nuit, indifférents aux gesticulations des Guignol politocards. Vient alors l’heure de lire le niveau de pression, les conduites ouvertes et fermées du réseau répressif. Marcher, continuer plus loin ? Axes principaux ou secondaires ?
Tels les écluses, nous aussi on va les balader dans un sens puis dans l’autre.
La garde nationale à cheval vient saluer notre arrivée, un père de famille parle de Disneyland, un jeune me sourit en tendant ma carte. Bonus de départ pour nous : il y aurait erreur dans la réquisition donc pas de fouille poussée. De la gare, du chemin de halage, du pont, de la route, coulent entre un ou deux milliers de gouttes. Un wrap à la main, je chante, revendique avec les copaines que les…
Auteur: dev

