« Pourquoi ai-je eu une leucémie à dix ans ? », s’interroge Cloé, 17 ans, qui vit dans le Morbihan, en préface du livre Pesticides Kids. Ce livre-enquête, entre connaissances scientifiques et témoignages, montre comment « la santé des enfants est sacrifiée sur l’autel de la compétitivité », indique Sophie Chapelle, co-autrice et journaliste à Basta!, auprès de La Relève et La Peste.
Cet ouvrage paraît alors que la loi d’urgence agricole, adoptée cet été, prévoit la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits, dont l’acétamipride.
Nolwenn Weiler et Sophie Chapelle – Crédit : Emma David
« En faisant le constat de l’écart grandissant entre décisions politiques et alertes des scientifiques, ce livre nous est apparu comme une urgence », raconte la journaliste.
La sortie de ce livre est concomitante à celle de la bande dessinée Pesticides, leurs ravages sur la santé des enfants, une enquête de Laurence Huc, toxicologue spécialiste de la santé environnementale à l’Inrae.
La culpabilité des familles
Depuis 2020, le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) permet d’indemniser les personnes atteintes d’une maladie professionnelle liée à l’usage des pesticides, mais aussi les enfants exposés in utero en raison de la profession de l’un de leurs parents.
Chez les enfants, le Fonds reconnaît l’impact des pesticides sur différentes pathologies ou malformations, comme les leucémies, les tumeurs cérébrales, les fentes labio-palatines, l’hypospadias et les troubles du neurodéveloppement.
Théo Grataloup, aujourd’hui âgé de 19 ans, a été le premier à en bénéficier, sur 20 enfants à ce jour. Atteint de malformations congénitales de l’œsophage et du larynx, il a subi une cinquantaine d’opérations depuis sa naissance.
« Sa mère, Sabine Grataloup, raconte qu’il lui a fallu constituer un dossier de plus d’un millier de pages pour obtenir une…
Auteur: Charlene Catalifaud
