Il avait son petit ruban rose épinglé à sa chemise. Pourtant, sous les dorures du palais du Luxembourg, le sénateur Horizons Vincent Louault a nié tout lien entre l’explosion du nombre de cancers et les pesticides. Un « énième débat polémique » selon ce chantre de l’agro-industrie, fervent défenseur de la loi Duplomb.
La scène, quelque peu irréelle, s’est tenu jeudi 22 octobre au Sénat. Le groupe écologiste devait initialement y défendre sa proposition de loi contre le cadmium — un composé toxique présent massivement dans nos aliments. Adopté en juin par l’Assemblée, le texte vise à réduire la teneur maximale autorisée de ce métal lourd dans les engrais.
Pour être effectif, il devait être voté par la Chambre haute. Las, les sénateurs verts ont finalement renoncé à présenter leur loi, craignant que la droite ne la « torpille », en faisant adopter une baisse moindre de la teneur en cadmium.
À la place, les Écologistes ont donc demandé un débat sur la sortie des pesticides et la lutte contre le cancer, en présence du ministre délégué à l’Écologie Mathieu Lefèvre. Une discussion potentiellement intéressante, en plein mois d’octobre rose, mais boudée par l’immense majorité des élus de droite, et expédiée en moins d’une heure et demi avec une douzaine d’interventions.
Déni total
L’échange aura au moins permis de montrer le déni de la droite sur le sujet. Vincent Louault a ainsi refusé de parler de pesticides, préférant le terme de « produits de protection des cultures », dénoncé un « énième débat polémique » à propos de ce sujet de santé publique et omis le rôle des produits biocides dans l’épidémie de cancers.
« Comme le disent beaucoup de médecins et de chercheurs, l’augmentation du nombre de cas s’explique d’abord par le vieillissement de la population et l’amélioration du dépistage », a affirmé l’élu, récemment nommé…
Auteur: Lorène Lavocat
