Cancers pédiatriques : Pourquoi les innovations thérapeutiques contre le cancer arrivent-elles si lentement chez l’enfant et l’adolescent ?


L’ESSENTIEL

  • En matière de cancers pédiatriques, les innovations thérapeutiques sont peu nombreuses.

  • Les différences entre cancers de l’enfant et cancers de l’adulte expliquent en partie cette situation, mais ce n’est pas la principale raison.

  • Le modèle économique du secteur pharmaceutique et la réglementation actuelle sont aussi en cause.


Depuis plus de trente ans, des avancées majeures ont eu lieu dans la prise en charge d’un grand nombre de cancers de l’adulte : diagnostics précoces, nouveaux médicaments différents de la chimiothérapie, techniques chirurgicales et de radiothérapie innovantes et plus performantes.

Malheureusement, ces innovations thérapeutiques n’arrivent que très lentement chez l’enfant et l’adolescent.

Les raisons de cette lenteur sont en partie d’origine biologique, car les cancers de l’enfant sont très différents de ceux de l’adulte. Toutefois, d’autres facteurs entrent aussi en ligne de compte, notamment le modèle économique du secteur pharmaceutique, et l’existence de certaines failles réglementaires. Explications.

Les cancers de l’enfant ne sont pas ceux de l’adulte

La biologie des cancers pédiatriques est très différente de celles des cancers de l’adulte. Chez les enfants, pas de cancer du sein, du poumon, de la prostate ou du colon… On recense néanmoins plus de 60 cancers pédiatriques différents, les plus fréquents étant les leucémies et les tumeurs cérébrales.

Chaque année en France, 2 300 enfants et adolescents de moins de 18 ans sont diagnostiqués d’un cancer. Les plus fréquents sont les leucémies (650 cas par an) et les tumeurs cérébrales (550 cas par an).

Les cancers pédiatriques surviennent depuis la naissance jusqu’à l’adolescence. Soulignons qu’il n’existe pas, à ce jour, de programme de prévention des cancers pédiatriques ni de dépistage. En effet, un enfant ne boit pas, ne fume pas, et n’a pas 50 ans de mauvaise…

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Auteur: Gilles Vassal, Professeur, Université Paris-Saclay