« Je souhaite être remplacé », affirmait Jean-Luc Mélenchon à Reporterre en 2022. Trois ans plus tard, le 3 mai, le leader de La France insoumise a déclaré être candidat à l’élection présidentielle de 2027. Pendant que la primaire soutenue par Les Écologistes s’enlise et que le PS se déchire, Jean-Luc Mélenchon veut se poser comme l’option la plus sérieuse pour lutter contre la montée de l’extrême droite.
Selon le sociologue Manuel Cervera-Marzal, auteur de Sociologie de La France Insoumise (ed. La Découverte), sa candidature pourrait capter une partie de l’électorat sensible aux enjeux de justice climatique.
Reporterre — Quel message envoie la candidature de Jean-Luc Mélenchon en direction de celles et ceux qui voient dans l’écologie politique un argument de vote ?
Manuel Cervera-Marzal — L’écologie au singulier ne signifie plus grand-chose aujourd’hui puisqu’il existe toute une série de questions importantes qui divisent depuis longtemps le mouvement écologique. Pour prendre les exemples les plus brûlants, on peut citer le sujet du nucléaire, la place de l’Europe ou celle des initiatives locales.
À travers la morphologie électorale de ces dix dernières années, on constate qu’il existe une fraction non négligeable des personnes qui placent les questions écologiques et environnementales parmi leurs priorités. Certains se tournent davantage vers les propositions des candidatures insoumises que vers celles des écologistes, et se tournent à nouveau vers le vote écologiste à l’élection d’après. Il y a une sorte de circulation électorale, un partage des voix, qui s’opère entre les deux partis. Quoi qu’il arrive, tout dépend de l’élection et du contexte.
Comment l’expliquez-vous ?
Des questions économiques entrent également en compte. Celle du capitalisme, par exemple, forme ce clivage électoral entre les écologistes et les insoumis. En 2024, interrogée par…
Auteur: Fanny Marlier

