Les signaux d’alerte se multiplient à l’hôpital, quelques jours après le début de la vague de chaleur qui frappe la France. Une envolée caniculaire d’une ampleur au moins équivalente à celle de 2003, faisant ressurgir le spectre des 15 000 décès causés par cet épisode resté dans les mémoires. La situation n’en est pas encore là, mais les indicateurs d’appels et d’admissions au SAMU commencent à virer au rouge, et les prochains jours, malgré le tassement des températures, ne dessinent pas de reflux.
« Aujourd’hui [jeudi 25 juin, ndlr], on encaisse le gros de la vague et ça va continuer jusqu’à samedi et dimanche, avec un phénomène d’inertie la semaine prochaine », s’inquiète Wilfrid Sammut, urgentiste à Versailles et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. Au niveau national, les autorités sanitaires constatent une multiplication par quatre des passages aux urgences pour raison de chaleur et des appels à SOS médecins. Rien qu’à Paris, 25 arrêts cardiaques ont été recensés mercredi, contre moins de 10 d’ordinaire.
Ces premiers décès attribués à la chaleur laissent craindre un bilan plus lourd, alors que la ministre de la santé Stéphanie Rist anticipe un pic de passages aux urgences ce week-end. « La situation se complique vraiment depuis ce matin, on est aujourd’hui à un point de bascule, indique Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine…
Auteur: Christian Mouly

