Paris (Île-de-France), reportage
Devant le bâtiment du Samusocial, dans le 13e arrondissement de Paris, quelque 200 personnes, dont plus de 100 enfants, occupent le parvis. Entre les abris de fortune et les toiles déployées au sol, des enfants jouent au ballon, dessinent à la craie sur le bitume ou au feutre sur des cahiers de coloriage. Des bénévoles s’activent à la distribution de boissons et de nourriture sur la dalle de béton, au pied de l’immeuble en verre, à quelques mètres du boulevard périphérique. Les chasubles de l’association Utopia 56 côtoient celles de la CGT du Samusocial de Paris.
Une situation « inédite » : « Jamais il n’y avait eu une telle convergence entre travailleurs et usagers, et une telle occupation devant le Samusocial », souligne Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT Samusocial de Paris. De même, une grève reconductible « d’une telle ampleur et si longue », est exceptionnelle au sein de la structure. « Après celles et ceux du 115, ce sont des salariés de tous les services qui ont rejoint la mobilisation, et on a atteint jusqu’à 200 collègues grévistes sur les temps forts », précise le syndicaliste.
Un 115 à « saturation »
L’élément déclencheur de la grève, qui a démarré le 23 juin dans le service téléphonique du 115, s’est déroulé entre deux canicules. « On nous a demandé de passer des appels pour une mise à la rue de centaines de personnes qui avaient été hébergées dans le cadre du plan Grand froid pendant des mois », relate Cynthia, écoutante au 115. Une demande allant « à l’encontre de notre mission qui consiste à orienter, écouter et aider les gens, pas à les mettre à la rue », estime la gréviste.
Cet événement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dans son service, « il y a énormément de détresse psychologique » face « aux conditions de travail, au manque de moyens et…
Auteur: Léa Guedj

