Pour la première fois, la chaleur a tué dans «toutes les tranches d’âge», l’isolement et la pauvreté facteurs de surmortalité
«Un excès de 5.764 décès par rapport à ce qui était attendu a été enregistré pendant la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026» explique ce 22 juillet Santé Publique France. Il a fallu près d’un mois pour obtenir cette estimation officielle, calculée à partir des données de plus de 5.000 communes. Le bilan final sera beaucoup plus lourd, car le calcul reste provisoire, et qu’il ne prend pas en compte les vagues caniculaires qui ont eu lieu en juillet, par endroits plus intenses et durables. Par exemple, les conséquences de la troisième canicule qui vient de s’achever sur la majeure partie de la France ne sont pas connues.
En ce qui concerne ce macabre bilan, il est concentré sur les journées du 25, 26 et 27 juin, qui ont été les plus chaudes jamais mesurées à l’échelle du pays : il a fait 30°C de température moyenne, avec des pics frôlant les 45°C aux endroits les plus arides.
Le nombre de morts est 36% plus élevés qu’en temps normal à la même période. Mais il est très inégal selon les zones. L’Île-de-France est le territoire le plus touché, avec un quasi doublement de la mortalité habituelle. Le nord et l’ouest, peu habitués aux fortes chaleurs, sont aussi très touchés.
Une hécatombe très différente des précédentes pour deux raisons
D’abord avec l’explosion des morts à domicile. Entre le lundi 22 et le dimanche 28 juin, Santé publique France recense une hausse de 91% des corps retrouvés sans vie dans leurs maisons ou appartements, soit 605 morts supplémentaires. La «concentration des décès en Île-de-France, et le nombre de personnes décédées isolées chez elles sont un vrai signal», estime la cheffe de cabinet de la ministre de la Santé.
Ensuite, parce que toutes les tranches d’âge sont touchées : la…
Auteur: B

