Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), reportage
À l’ombre des nombreux platanes bordant la calme et cossue avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Iris promène ses deux chiens. Certes, alors que la nuit de la veille était la plus chaude jamais enregistrée en France depuis 1947, l’air est suffocant en cette fin de matinée du 23 juin : le thermostat affiche déjà 33 °C, le département étant placé en vigilance rouge canicule par Météo-France. Mais la trentenaire estime « ne pas avoir le droit de se plaindre ».
« Pour moi, ce n’est pas difficile : j’ai la clim’ et un ventilo dans mon logement, mes chiens dorment aussi dans une pièce climatisée, et je bosse de chez moi. J’ai bien conscience qu’en parallèle, des gens galèrent ou sont même dehors en train de crever », dit l’entrepreneuse, soulignant que l’épisode caniculaire se déployant depuis le 17 juin en France ne se vit pas pareil à Neuilly que dans des villes moins riches : « Ici, la plupart des gens ont les moyens de se payer des solutions pour mieux supporter la chaleur, et les immeubles sont globalement mieux isolés. C’est beaucoup moins le cas dans les quartiers pauvres — il faudrait que l’État leur donne des moyens. »
Dans une étude publiée le 18 juin, la Fondation pour le logement des défavorisés montre en effet que les quartiers populaires sont « surexposés » aux canicules ainsi qu’à la précarité énergétique, la structure parlant même d’« urgence sanitaire ». Neuilly, commune française de plus de 10 000 habitants comportant la plus grande proportion de ménages aisés — en 2023, 49 % de sa population avait des revenus dépassant le double du niveau de vie médian, soit 4 290 euros par mois pour une personne seule —, ne rentre évidemment pas dans cette catégorie.
« C’est sûr qu’ici, on est plus préservés »
« C’est sûr qu’ici, on est plus préservés : les…
Auteur: Amélie Quentel, Mathieu Génon

