Chelles (Seine-et-Marne), reportage
Sur la petite plage, quelques baigneurs mettent les pieds dans l’eau, tandis que d’autres personnes sont installées à l’ombre sous les arbres. En cet après-midi de mi-août, alors qu’il fait plus de 31 °C au soleil, une vingtaine de Franciliens sont venus trouver un peu de fraîcheur au bord de la Marne, à Chelles (Seine-et-Marne).
Plus loin, un groupe de cinq adolescents jette un coup d’œil aux alentours avant de sauter dans l’eau. « La police municipale est passée il y a une demi-heure : on n’a pas le droit de se baigner, mais on a super chaud », témoigne Lorenzo, sous le regard attentif de son père, Vincent, installé sur un transat.
Habitant à Pantin (Seine-Saint-Denis), ils sont venus ensemble en RER pour se baigner dans la rivière. « Ici, il y a de la verdure, un peu d’air, les enfants peuvent faire des plongeons et c’est gratuit. On sait que c’est dangereux, qu’il y a déjà eu des morts les années précédentes, mais ils savent nager. Et je leur interdis de trop s’éloigner du bord, à cause des courants. »
Comme une grande partie des Franciliens, cela fait plusieurs jours qu’ils suffoquent dans leur appartement. « Le ventilateur brasse de l’air chaud, il ne sert pas à grand-chose. Le week-end dernier, je suis resté jusqu’à 2 heures du matin au bord du canal de l’Ourcq pour avoir un peu plus frais », ajoute le père de famille, qui a emmené ses enfants, neveux et nièces au bord de la Marne ces derniers jours.
Dans l’eau, quatre autres adolescents âgés de 13 et 14 ans font quelques brasses. Habitants de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), Moussa, Seibou, Elias et Sliman viennent toutes les semaines ici. « On a été à la plage de Torcy l’autre jour, mais il y avait trop de monde, c’était pas agréable du tout, explique Moussa. Ici, il y a plus d’espaces et on est dans la nature, c’est beaucoup mieux. » Les courants sont…
Auteur: Jeanne Cassard

