Fabien Benoit et Nicolas Celnik, sont journalistes indépendants, auteurs de Les Assoiffeurs : Enquête sur ces entreprises qui s’accaparent notre eau (Les Liens qui Libèrent, 2026).
La France vit les jours les plus chauds de son histoire. Alors que plus de 80 départements sont en vigilance sécheresse et que les appels à politiser la canicules se multiplient, il devient urgent de politiser aussi l’accès à l’eau. Car pendant que tout le pays cherche la fraîcheur, les sénateurs débattent, depuis lundi 29 juin, d’une loi agricole — dite d’« urgence agricole » (LUA) — qui risque d’encore augmenter notre vulnérabilité à la sécheresse.
Reprenant en partie les demandes de la FNSEA, le syndicat agricole productiviste, les sénateurs ont déjà ajouté des amendements affaiblissant la protection des zones humides, ou plaçant les agences de l’eau sous la cotutelle du ministère de l’Agriculture… Autant de décisions qui auraient comme effet de renforcer la mainmise des représentants de l’agriculture industrielle sur l’eau.
Comme nous le confiait un riverain d’une usine d’embouteillage, en Auvergne, qui a vu ses sources se tarir : « Nous ne sommes pas en sécheresse, nous sommes asséchés. »
Le 21 juin, les députés avaient déjà validé la « simplification » du stockage d’eau et de l’irrigation agricole, proposée dans l’article 5 de la LUA. Son article 6 donne aux préfets le droit de passer outre les décisions prises démocratiquement au niveau des bassins versants pour imposer des retenues d’eau. Le cap est clair : face aux sécheresses et au réchauffement climatique, le gouvernement entend coûte que coûte accélérer le déploiement des mégabassines partout dans le pays.
55 °C dans les sols voisins d’un projet de bassine
Pourtant, tout indique que ces « retenues de substitution », selon la terminologie officielle, dégradent la capacité des milieux vivants à…
Auteur:

