Les températures se sont radoucies, mais la première canicule de l’année, survenue particulièrement tôt, a déjà provoqué la mort d’un jeune travailleur. Il s’appelait Daniel, il n’avait que 19 ans, et il est décédé dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 mai dans la Drôme. Le jeune homme, employé dans le BTP, avait travaillé pendant des heures sur un toit, alors qu’il faisait 31° à l’ombre. Sur une charpente en plein soleil, la chaleur devient potentiellement mortelle.
Pris d’un énorme coup de chaud, Daniel avait dû se réfugier «dans le camion et a allumé la climatisation pour se rafraîchir. Mais c’est à ce moment-là que son état s’est beaucoup dégradé» explique son collègue. Il est décédé peu après d’une «hyperthermie», un mot poli pour dire qu’il a cuit à en mourir. Une situation inacceptable, alors que la vague de chaleur hors norme aurait dû déclencher des mesures de protection immédiates pour les ouvriers particulièrement exposés.
En 2025, neuf décès au travail en lien possible avec la chaleur ont été identifiés par la direction générale du travail. Le 30 juin dernier, un ouvrier du bâtiment de 35 ans est décédé à Besançon après une journée en plein cagnard. En septembre 2023, le temps était particulièrement chaud, et six ouvriers travaillant dans les vignes de Champagne étaient décédés en quelques jours. Dans l’indifférence des autorités. En principe, les employeurs sont sensés protéger leurs salariés lors de canicules, mais le gouvernement ne fixe aucune température maximale, ni aucun protocole. Résultat : les ouvriers du BTP, métallos, éboueurs et autres salariés exposés sont sommés de travailler, quitte à risquer leur vie.
La même semaine, le travail a pris la vie d’un autre jeune. Il s’appelait Valentin, 15 ans seulement, l’avenir devant lui. Le 28 mai, cet élève de 15 ans est décédé après avoir reçu le rebond d’une…
Auteur: B

