En pleine canicule, une affirmation rassurante circule : la climatisation française serait « sans impact » sur le climat, parce que notre électricité est décarbonée. Cette conclusion est juste en moyenne mais comme souvent avec l’électricité, c’est en réalité plus compliqué que cela et pas toujours aussi neutre pour le climat que certain(e)s le prétendent.
Les données publiées par RTE en temps réel pendant cette canicule de juin 2026 illustrent précisément pourquoi le moment de la journée où l’on fait fonctionner sa climatisation change fondamentalement l’impact de cet usage. Voici ce que les chiffres disent.
Un mix électrique décarboné… en temps ordinaire
Le mix électrique français est, sur le plan climatique, parmi les plus vertueux d’Europe. En 2025, l’électricité française était décarbonée à 95 % grâce au nucléaire, à l’hydraulique et aux autres énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire.
Sur un jour ordinaire de mi-juin sans vague de chaleur, comme le vendredi 12 juin 2026 ici en image, la consommation atteignait un pic d’environ 47 500 MW à 19h. Dans ces conditions, les centrales à gaz ne produisaient que 623 MW, soit 1 % du mix. La France exportait par ailleurs 12 GW à ses voisins. L’affirmation « mon électricité est décarbonée » était alors précisément vraie à 99%.

La canicule change tout
Le lundi 22 juin, alors que la deuxième vague de chaleur de l’année bat son plein, le tableau est radicalement différent. La consommation atteint 56 260 MW au même créneau de 19h : ce sont près de 10 GW supplémentaires par rapport au vendredi 12 juin, soit l’équivalent…
Auteur: Nicolas Goldberg

