Metz et alentour (Moselle), reportage
Profitant d’une température plutôt fraîche pour la saison, en tout cas pour cet été 2026, soit 25 °C sous un soleil discret, environ 12 000 personnes convergent, dimanche 30 août, vers les berges du plan d’eau de Metz. Les spectateurs en ultime goguette avant la rentrée sont venus y admirer une trentaine d’embarcations au rythme et aux couleurs de l’Amazonie. Un thème d’une rare ironie : l’été, ici, a démarré par huit nuits tropicales d’affilée et, pour la première fois, des températures supérieures à 40 °C ont été relevées. Si ça ne saute pas aux yeux, cette parade nautique conclut deux weekends de festivités dédiées à une institution locale qui a souffert de cet été chaotique : la mirabelle.
À Norroy-le-Veneur, au nord de Metz, Vincent Neveux constate le bouleversement à l’œuvre. Lui cumule maraîchage et arboriculture sur 10 hectares : « J’ai repris l’exploitation à mon père en 1993, j’avais 23 ans. Nous secouons les mirabelliers depuis quarante-cinq ans. Quand j’étais jeune, mon père ne mettait jamais le secoueur en place avant le 15 août. Cette année, nous l’avons installé dès le 20 juillet. »
Même constat du côté de Mélanie Demange et son mari, Cédric, qui possèdent à Marieulles-Vezon, à moins de 20 km au sud de Metz, 2 500 mirabelliers sur 8 hectares de vergers, plus quelques poiriers et pommiers. « Les vignerons du village ont commencé leurs vendanges alors qu’il reste des tonnes de mirabelles dans les arbres : normalement, leurs récoltes démarrent quand les nôtres se terminent », observe Mélanie Demange, qui y voit le franchissement d’une étape supplémentaire dans le désordre ambiant.
Selon les années, le couple d’agriculteurs récolte entre 50 et 60 tonnes de mirabelles, pour transformer l’essentiel en eau-de-vie, « environ 9 000 bouteilles par an », précise Mélanie Demange. Le…
Auteur: Olivier Toussaint, Sylvain Villaume
