Mélusine Boon-Falleur est professeure au Centre de recherche sur les inégalités sociales de Sciences Po. Docteure en sciences cognitives, elle a notamment publié Les Pingouins ne sauveront pas la banquise. Lever nos obstacles cognitifs pour enfin passer à l’action écologique (ed. JC Lattès, mars 2026).
Après la canicule du 17 au 26 juin, elle a lancé une enquête participative pour permettre à chacun et chacune, à partir de 18 ans, de témoigner de ses ressentis physiologiques et psychologiques pendant les canicules de l’été, et de ses attentes vis-à-vis des pouvoirs publics. L’enquête est toujours en ligne, et vous pouvez y répondre jusqu’à fin août. Elle fera ensuite l’objet d’un rapport, qui sera envoyé aux élus.
Reporterre — Pourquoi avoir lancé cette enquête fin juin sur le vécu des personnes pendant les canicules de l’été ?
Mélusine Boon-Falleur — Ce qui m’a fait réagir, c’est l’ampleur de cette vague de chaleur, la pire que j’ai connue en France. Ensuite, le fait qu’elle soit présente presque partout sur le territoire, et provoque une expérience commune à tous les Français. J’ai pensé que ce serait très intéressant de voir comment les personnes réagissent à ce type d’événement climatique, comment elles s’adaptent.
Par ailleurs, s’il y a bien déjà quelques études en Europe et ailleurs dans le monde sur l’adaptation au réchauffement climatique, nous avons besoin de davantage de témoignages pour alimenter la réflexion. Est-ce qu’une telle vague de chaleur va modifier la perception des changements en cours, par exemple ? Ou susciter des attentes nouvelles vis-à-vis des politiques, des passages à l’action ? Je suis animée par une démarche scientifique, mais aussi citoyenne.
Combien de réponses avez-vous obtenu un mois plus tard ?
Si je compte les réponses complètes, avec le consentement des personnes pour utiliser leur témoignage, 1 149. Je…
Auteur: Catherine Marin

