Pour ce premier épisode de Datacritik par Julie Desrousseaux, on s’attaque à un chiffre qui revient chaque été : combien de personnes meurent réellement à cause de la chaleur en France ? Après l’été 2026 et ses épisodes de canicule, plusieurs chiffres circulent : 7 300 morts, 2 766 morts, ou encore 3 600 morts par an. Aucun n’est faux, mais ils ne racontent pas la même histoire.
Les 7 300 morts annoncées par Santé publique France correspondent à un excès de mortalité observé pendant les épisodes de canicule par rapport au nombre de décès attendu. Ce chiffre permet de mesurer rapidement l’impact d’un épisode de chaleur, mais il ne signifie pas que 7 300 personnes sont mortes directement à cause de la chaleur.
Une autre méthode, fondée sur des modèles statistiques croisant températures et mortalité sur plusieurs années, permet d’estimer les décès attribuables à la chaleur. Elle aboutit à environ 3 600 morts par an en moyenne sur les neuf dernières années. Mais ce chiffre ne constitue pas encore le bilan précis de l’été 2026. Surtout, 70 % des décès attribuables à la chaleur surviennent en dehors des périodes de canicule officielle.
L’épisode montre aussi que le risque varie fortement selon les conditions de vie. Âge, isolement, logement, travail en extérieur ou encore îlots de chaleur urbains peuvent considérablement aggraver l’exposition. À Paris, l’écart de température entre certains quartiers et les zones rurales peut atteindre 10 degrés, notamment la nuit.
Enfin, ces chiffres restent incomplets : effets différés de la chaleur, répétition des canicules, conséquences sur les femmes enceintes ou encore adaptation des logements sont encore difficiles à mesurer. Compter les morts de la chaleur est donc complexe, mais les données disponibles montrent déjà un risque sanitaire majeur, largement sous-estimé par la population.
Auteur: Le Média
