Des logements bouilloires ; des malades et des enfants piégés dans des hôpitaux et des écoles avec plus de 35 °C ; des bus et trains transformés en étuves ; des lieux de travail irrespirables ; des coupures d’électricité et des trains annulés ou en panne… cette seconde canicule a fait vivre un cauchemar à des millions de travailleurs et de familles.
Et combien aura-t-elle fait de morts ? La canicule de 2003 en avait fait 15 000. Il est encore tôt pour faire le bilan de celle-ci, mais les témoignages des médecins et des services mortuaires font craindre plusieurs milliers de morts. Des morts pour beaucoup évitables.
À commencer par certaines qui ont eu lieu dans les hôpitaux. Des patients soignés pour des pathologies ordinaires se sont retrouvés en réanimation pour cause d’hyperthermie. Au lieu d’être en sécurité dans les hôpitaux, les malades s’y sont retrouvés en danger avec un thermomètre dépassant les 30°C dans les services !
Le gouvernement se félicite car il n’y a pas eu d’hécatombe dans les Ehpad et parce qu’il y a au moins une salle climatisée par établissement. Et comment se rafraîchissent ceux qui sont alités ? Et est-ce normal qu’ils n’arrivent pas à dormir dans leurs chambres surchauffées ?
Où est allé l’argent de la journée de solidarité ?
Cette situation est d’autant plus révoltante qu’il existe, depuis 2003, la journée dite de solidarité. Le gouvernement a supprimé un jour férié, demandant à tous de travailler un jour supplémentaire pour abonder un fonds destiné aux anciens. Il s’agissait précisément de climatiser Ehpad et hôpitaux.
Cette journée rapporte 3 milliards par an. En 22 ans, l’État a encaissé près de 60 milliards, somme suffisante pour climatiser tous les Ehpad et les hôpitaux du pays. Alors, où est passé l’argent ?
À cette question, les ministres répondent qu’il fallait aussi agir sur les causes du réchauffement climatique. Autrement dit, une…
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