Cet été, une photo prise en Gironde a fait le tour du monde. On y voit un couple de vacanciers de dos, installés sur le sable dans leurs transats rayés et sous leur parasol Pastis 51. Face à eux, le lac de Lacanau, et à l’horizon un gigantesque panache de fumée noire s’élevant dans un ciel aux couleurs apocalyptiques. C’était le 26 juillet, un incendie avait déjà calciné plus de 40 000 hectares dans le département. On peut y voir de la passivité, de la résignation ou un manque de conscience écologique face à la catastrophe. Étrangement, ce cliché ne m’a pas mise en colère car ce couple n’est pas responsable de ce monde qui bascule.
Ceux qui ont alimenté ma colère et mon indignation devraient être les premiers à s’alerter et à s’engager du bon côté.
Ceux qui ont alimenté ma colère et mon indignation devraient être les premiers à s’alerter et à s’engager du bon côté. D’abord dans la sphère médiatique – puisque j’en fais partie. Beaucoup ont fait un travail de terrain et de pensée précieux. Mais il y a quand même eu cette soif du clic focalisée sur la climatisation comme solution ou faisant la chasse aux pyromanes, sans établir le lien avec le changement climatique. Il y a eu aussi la stigmatisation de celles et ceux qui vivent sous les toits lors de la canicule de juin par un présentateur à côté de la plaque, prônant le « droit aux vannes, mêmes ratées ».
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Sans oublier l’indécence de RMC et de BFMTV, qui ont invité des scientifiques de renom, en l’occurrence l’hydrologue Emma Haziza et le climatologue Christophe Cassou, pour les offrir comme cibles à leurs chroniqueurs…
Auteur: Vanina Delmas
