Canicule : quand médias et politiques rejouent les pires répliques des films catastrophe

« Ce film est inspiré de faits réels. Certains noms, personnages ou événements ont été modifiés pour les besoins de la narration. » Si un réalisateur de cinéma décide un jour de se pencher sur les séquences médiatiques aberrantes de l’épisode caniculaire que nous venons de vivre, il devra renverser cet avertissement pour écrire : « Cette réalité est inspirée de fictions. Certains noms, personnages ou événements ont été modifiés pour les besoins de la narration. »

Pendant une dizaine jours, à plusieurs reprises, des politiques, des journalistes, des commentateur·ices ont tenu des propos consternants. Ils et elles ont joué à merveille le rôle du personnage sceptique que l’on trouve dans chaque film catastrophe : celui et celle qui nie la réalité, convaincu·e que les alertes sont exagérées.

Dans cette catégorie, la palme revient à Luc Ferry, l’ancien ministre de l’Éducation. Dimanche 28 juin, il est invité sur le plateau de LCI dans l’émission de Margot Haddad. Sa chemise est parfaitement blanche, son costume est soigneusement ajusté comme sa cravate. La présentatrice lui demande de réagir à une déclaration de la ministre de l’Écologie. Réponse : « Franchement dans quel monde on vit ? Mon père s‘est évadé quatre fois des camps nazis. Il faisait très chaud aussi, surtout dans le four qu’on avait préparé pour lui. C’est invraisemblable. On est quand même capable de supporter ça ! »

« En faire trop »

Pour celui qui se définit comme philosophe, la canicule et ses répercussions occupent excessivement les médias qui en font trop. En faire trop, c’est également ce que reproche la Maison Blanche aux scientifiques au tout début du film Le Jour d’après, sorti en 2004. « Notre économie est à sa manière aussi fragile que l’environnement, peut-être ne faut-il pas l’oublier avant de faire du sensationnel…

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Auteur: Céline Martelet

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