Cette année, l’agriculture française a été durement frappée. Au-delà du renchérissement des intrants lié aux tensions autour d’Ormuz, les canicules à répétition ont provoqué des pertes de rendement colossales : 30 à 40 % sur le maïs, le soja et le tournesol. Grandes cultures, maraîchers et arboriculteurs sont touchés, comme les éleveurs, privés de fourrage et frappés par la surmortalité de leurs bêtes en bâtiments. La FNSEA chiffre à plus de 5 milliards d’euros le seul surcoût du manque de fourrage. Ce choc n’est pas un accident : il révèle l’inadaptation de notre modèle agricole et appelle une réponse politique à deux niveaux.
L’urgence : indemniser pour éviter les faillites et remettre de la trésorerie pour que les fermes puissent continuer à produire.
D’abord, l’urgence : indemniser pour éviter les faillites et remettre de la trésorerie pour que les fermes puissent continuer à produire. Le milliard annoncé par Annie Genevard n’est pas à la hauteur – ni par son montant ni par sa répartition. Près de la moitié transite par l’indemnité de solidarité nationale (ISN), dont le montant reçu dépend de la souscription préalable à une assurance récolte privée. Or celle-ci ne couvrait, en 2020, que 13,3 % des exploitations.
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Ainsi, un agriculteur déjà assuré est indemnisé par l’État à 90 % de ses pertes exceptionnelles ; un non-assuré, à un tiers à peine. Et ce sont les prairies qui sont les moins assurées – 9 % des surfaces, contre 36 % en grandes cultures : les petits éleveurs extensifs, déjà les plus exposés, sont donc les plus pénalisés. On comprend la revendication de la Confédération paysanne…
Auteur: Alban Pellegris
