Comme en 2022, l’été 2026 condense les manifestations les plus tangibles et les plus extrêmes du réchauffement climatique, avec des températures record et des phénomènes traumatiques, comme les canicules à répétition, la sécheresse qui dure et les incendies qui se propagent. Devant une telle crise, les rédactions n’ont pas pu faire l’impasse sur la question écologique. Avec leurs biais habituels : couverture événementielle et racoleuse, informations silotées d’une rubrique et d’un sujet à l’autre, dissonance discursive entre le traitement des catastrophes et la promotion du business as usual.
De fait, les catastrophes climatiques sont omniprésentes dans les médias cet été. Mais leurs causes structurelles, de même que les responsabilités et les transformations qu’elles impliquent, restent quant à elles souvent hors champ. On passe alors du climatoscepticisme au climato-présentisme. Le climatoscepticisme consiste à nier la réalité du changement climatique ou son origine humaine. Le climato-présentisme s’accommode au contraire de leur reconnaissance : il filme les flammes, affiche les températures en capitales, décompte les hectares brûlés, chiffre les pertes en PIB, discute indemnisation, rassure les touristes et vend des climatiseurs. Les conséquences du réchauffement climatique sont couvertes, parfois dramatisées, mais toujours confinées dans un présent indépassable : sauver les récoltes, maintenir la fréquentation, préserver la croissance, acheter un nouvel équipement, tenir jusqu’à l’hiver.
En ce mois d’août, cette mécanique est bien visible dans les médias traditionnels – surtout quand ils penchent à droite. Petit tour d’horizon.
Des conséquences climatiques redevenues « caprices »
Le jeudi 13 août, Le Figaro consacre sa Une et son édito aux événements climatiques. Gaëtan de Capèle, qui déplore les conséquences de la canicule sur l’économie…
Auteur: Clément Sénéchal
