À chaque phénomène extrême, amplifié et démultiplié par le réchauffement climatique d’origine humaine, les regards accusateurs se tournent, légitimement, vers l’inaction de l’État. Parfois, ce sont même les écologistes et les scientifiques, messagers de la catastrophe en cours et à venir, qui deviennent la cible. Les extracteurs d’énergies fossiles, qui émettent la grande majorité du gaz à effet de serre responsable du réchauffement global tout en enchaînant des profits records, demeurent largement épargnés par la vindicte populaire et médiatique.
Pourquoi sont-ils si peu pointés du doigt, alors qu’ils sont les premiers contributeurs de ce réchauffement qui embrase nos forêts et nos maisons, assèche nos cours d’eau, nos cultures et décime la biodiversité ?
Les grands pollueurs échappent à la vindicte
Après les incendies qui ont ravagé 42 000 hectares en Gironde, c’est le manque de moyens accordés par l’État à la sécurité civile qui a été dénoncé. Des habitants sinistrés du village du Porge ont aussi critiqué la stratégie de lutte contre l’incendie, estimant avoir été sacrifiés au profit du cap Ferret.
Un scénario similaire s’était produit en Espagne, à la suite des inondations torrentielles qui ont englouti des rues, des habitations et des vies, dans la région de Valence, en octobre 2024. Après cette catastrophe meurtrière, des dizaines de milliers de Valenciens ont manifesté pour réclamer justice. Ils dénonçaient « l’inaction criminelle » des autorités, accusées de ne pas avoir alerté suffisamment à l’avance du danger que constituaient ces pluies diluviennes et d’avoir mal coordonné les secours après les inondations.
Pendant les canicules en France, c’est l’insuffisance de la politique d’adaptation de l’État qui a été pointée du doigt. Rarement son inaction, en amont, dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’espace médiatique,…
Auteur: Léa Guedj
