Juliette Quénéa est doctorante en sociologie à l’université de Rennes ; Laura Chazel est chercheuse en sciences politiques à Sciences Po Grenoble, à l’université Grenoble Alpes et à l’université d’Édimbourg ; Vincent Dain est doctorant en science politique au Laboratoire Arènes de l’université Rennes 1.
On pourrait s’attendre à ce que l’exposition des citoyennes et citoyens à des événements climatiques extrêmes renforce la conscience écologique, le soutien aux politiques climatiques, voire le vote en faveur de partis identifiés comme « proclimat ». Pourtant, les travaux existants montrent que ce lien est loin d’être automatique.
Et si une partie de l’explication tenait à la manière dont les acteurs politiques s’emparent de ces épisodes pour influencer l’opinion publique ? Les partis d’extrême droite, en particulier, s’évertuent aujourd’hui à créer du conflit autour de ces événements climatiques extrêmes afin de promouvoir leur propre agenda et d’en tirer un bénéfice politique.
Gommer des années de climatoscepticisme
À première vue, la multiplication des événements climatiques extrêmes fragilise le positionnement des acteurs d’extrême droite. Elle atteste de manière flagrante la gravité d’un phénomène qu’ils s’attachent habituellement à minimiser, voire à nier. Il est en effet désormais solidement documenté que la fréquence et l’intensité de ces épisodes augmentent sous l’effet du dérèglement climatique.
Les dirigeantes et dirigeants politiques d’extrême droite sont-ils désormais contraints de reconnaître cet état de fait ? L’examen de leurs prises de position récentes dans trois pays — France, Espagne, États-Unis — donne à voir des résultats contrastés.
Pour le RN, le Giec fait preuve d’« alarmisme »
En France, la vague de chaleur historique de juin 2026 a offert au Rassemblement national (RN) l’opportunité d’un…
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