« Le cannabis amène à consommer des drogues plus dures », « le cannabis entraîne des troubles psychiatriques », « prohiber le cannabis fait baisser la consommation de cannabis », « l’autoriser fait augmenter la consommation »… Qui n’a jamais entendu, ou relayé, ces affirmations réductrices, voire erronées ?
Ces discours tendent à simplifier des interactions qui sont, dans les faits, très complexes. Ancrés dans un registre émotionnel et reposant sur des imaginaires caricaturaux, ils ne tiennent pas compte des données scientifiques, et empêchent la mise en place de politiques efficaces de prévention et de réduction des risques et dommages, qui les prendraient en compte. En réalité, les usages du cannabis – et les conséquences de ces usages – diffèrent beaucoup selon les profils sociaux et les contextes de consommation. Déconstruisons donc quelques idées reçues, avec l’aide de la recherche scientifique.
Une substance très consommée
Le cannabis est la première substance psychoactive illicite la plus consommée dans notre pays : 18 millions de Français ont déjà expérimenté le cannabis au cours de leur vie. Parmi eux, 1,3 million sont des usagers réguliers (au moins 10 consommations dans le mois) et 850 000 sont des usagers quotidiens.
Le profil type du consommateur de cannabis est celui d’un homme jeune, mais les dernières tendances observées montrent une augmentation de la consommation de cannabis chez les femmes et un vieillissement des consommateurs, plus souvent trentenaires ou plus âgés.
Dans la plupart des cas, cet usage irrégulier n’occasionne pas de conséquences sociales ou sanitaires majeures, mais certains groupes tels que les adolescents et les jeunes adultes sont particulièrement exposés aux risques liés au cannabis. Les études disponibles mettent en évidence qu’une personne qui consomme du cannabis sur onze pourrait développer une dépendance, voire une sur…
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Auteur: Marie Jauffret-Roustide, Chargée de recherche Inserm, sociologue et politiste au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS), Inserm

