Cannes 2024 : le sacre du cinéma américain indépendant

Le jury de la soixante-dix-septième édition du Festival de Cannes, présidé par l’actrice et réalisatrice Greta Gerwig, aurait pu faire de la Palme d’or, décernée le 25 mai, l’un des plus grands événements politiques et esthétiques de l’année en l’attribuant au nouveau film de Mohammad Rasoulof. Les Graines du figuier sauvage met en scène une famille déchirée par un conflit, à l’image de celui qui secoue la société iranienne. Le père, bientôt juge au tribunal révolutionnaire, fait régner une terreur de plus en plus grande sur ses deux filles qui soutiennent le mouvement de protestation populaire « Femme ! Vie ! Liberté ! », sur lequel s’abat une brutale répression. Tandis que la mère, d’abord soumise à son mari et aspirant à une vie bourgeoise, va peu à peu évoluer.


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C’est une œuvre d’une grande intensité, mise en scène avec la maîtrise de celui qui sait que tout acte est chargé d’une responsabilité et d’une signification. Car Mohammad Rasoulof n’a cessé d’être en butte aux accusations et aux méthodes d’intimidation du régime, qui l’a incarcéré une première fois pendant sept mois alors qu’il remportait l’Ours d’or à Berlin en 2020 pour Le diable n’existe pas. Cette fois condamné à huit ans de prison dont cinq applicables pour « collusion contre la sécurité nationale », il s’est décidé à prendre le chemin de l’exil, toujours douloureux. Mohammad Rasoulof était ainsi présent à Cannes pour présenter son film.


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Auteur: Christophe Kantcheff

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