« Nous devons tous œuvrer à la libération de notre pays. Personne n’a à nous imposer quel vêtement porter, quelle parole tenir et ce que nous avons à faire. » Telles ont été les paroles de Jafar Panahi sur la scène du Grand Théâtre Lumière quand il a reçu sa palme d’or, le 24 mai. Le cinéaste iranien dira ensuite que ses premières pensées sont allées aux détenus des prisons qu’il a côtoyés quand il était lui-même derrière les barreaux en 2023. Un simple accident est en effet inspiré des témoignages de tortures psychiques et de sévices physiques entendus alors.
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Le protagoniste de son film se retrouve par hasard en présence de celui qui fut son tortionnaire. Ne l’ayant jamais vu, il le reconnaît au grincement qu’émet à chaque pas l’homme doté d’une prothèse à la place d’une de ses jambes. Un doute pourtant le taraude, qui va le pousser à s’adresser à d’autres victimes pour être certain qu’il s’agit bien de son bourreau. Mais comment demander des comptes ? Se venger ? Employer les mêmes méthodes que celles des barbares ?
Espérons que la palme contribue à protéger Jafar Panahi.
Le film pose ces questions essentielles, qui seront un jour d’actualité quand les mollahs tomberont – ce dont Jafar Panahi est convaincu. En attendant, lui qui se dit incapable de choisir le chemin de l’exil est de retour chez lui, auteur d’un brûlot contre le régime et détenteur de la palme d’or. Espérons qu’elle contribue à le protéger.
Ce choix de la présidente du jury, Juliette Binoche, et de ses jurés n’a pas surpris. L’actrice, qui avait rendu hommage à Jafar Panahi, alors…
Auteur: Christophe Kantcheff

