Le 13 mai, l’actrice Eye Haïdara a ouvert la 79e édition du Festival de Cannes. Cette actrice, nominée au César du meilleur espoir féminin en 2018 pour son rôle dans Le Sens de la fête, excellait aussi dans la série d’Arte En thérapie ou sur les planches de l’Odéon dans La Trilogie de la vengeance de Simon Stone. Et pourtant, malgré ces rôles remarqués, ces jours-ci, bon nombre d’articles ont semblé découvrir son existence.
Tokénisation : pratique consistant à faire des efforts symboliques d’inclusion vis-à-vis de groupes minoritaires.
Cela n’a rien d’étonnant quand on connaît le processus d’invisibilisation que subissent les actrices racisées dans le cinéma français. Pour rappel, selon l’étude Cinégalités, seulement 6 % d’entre elles incarnent un personnage principal sur les écrans. Souvent fétichisées, reléguées au rang de silhouette ou instrumentalisées pour parler de « sujets de société », elles déploient des efforts titanesques et peinent à être reconnues. Dans la presse, leur nom est souvent écorché et malgré leur talent et le travail acharné qu’elles fournissent, elles n’arrivent pas à briser ce plafond de verre (que nous nommerons ici racisme systémique).
L’excellent parcours d’Eye Haïdara, qu’elle raconte dans le livre Noire n’est pas mon métier, lequel recense les témoignages de 16 actrices noires sur la misogynoir subie dans leur métier d’actrice en France, est un très bon exemple de reconnaissance tardive avec une première nomination aux Césars à 35 ans.
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Mais dès lors que…
Auteur: Juliette Smadja

