La 79e édition du festival de Cannes s’achève sur une bonne note, avec un palmarès témoignant d’un jury au goût (quasi) sûr et une belle palme d’or. Seule véritable ombre au tableau : James Gray repart à nouveau bredouille, la malédiction cannoise se poursuit pour le réalisateur new-yorkais…
Palme d’or
Fjord, de Cristian Mungiu
D’un côté, une famille venue de Roumanie, dont les parents, très pieux et aux conceptions traditionnelles, sont soupçonnés de battre leurs enfants envers lesquels, pourtant, ils sont aimants. De l’autre, la société progressiste norvégienne, où les services de protection de l’enfance ont un pouvoir considérable qui peut prendre des formes violentes, avec des relents racistes. Le film met en scène intelligemment ce conflit entre une famille et une société, représentant deux idéologies radicalement opposées, chacune estimant être du côté du bien. Cristian Mungiu, qui avait déjà obtenu une palme d’or il y a près de 20 ans pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, est exigeant avec son spectateur dont les idées humanistes, qui pourront être prises en défaut, sera amené à penser contre lui-même. C’est une belle palme d’or pour une œuvre conséquente.
Grand prix
Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev
Une impressionnante réinvention de La Femme infidèle de Claude Chabrol pour dépeindre la société russe complice de la guerre criminelle menée par Poutine contre l’Ukraine.
Prix de la mise en scène
La Bola Negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi
Fatherland, de Pawel Pawlikowski
Comment, avec un monument de la littérature, Thomas Mann, accompagnée de sa fille Erika, de retour dans une Allemagne en ruines en 1949, ne pas faire un film écrasant, mais une œuvre dramatique et tenue : Pawel Pawlikowski montre brillamment que c’est possible.
En revanche, avec leur évocation à plusieurs couches temporelles de la guerre…
Auteur: Christophe Kantcheff

