« Qu’est-ce que tu as mangé ce midi à la cantine ? » Au sortir de l’école, c’est la question rituelle des parents. Près des trois quarts des 11,6 millions d’élèves seraient demi-pensionnaires, d’après les dernières études disponibles. Si la loi était correctement appliquée, ils devraient trouver dans leur assiette au moins 50 % de produits « durables et de qualité », dont au moins 20 % de produits bio ou en conversion. C’est ce qu’impose la loi Egalim depuis le 1ᵉʳ janvier 2022.
Dans les faits, le bio est encore trop rare au réfectoire. Seuls 11,8 % des établissements scolaires ont acheté au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique en 2025. Et encore, il ne s’agit là que d’une moyenne calculée à partir des déclarations des établissements sur le site dédié du gouvernement.
Bien que tous soient tenus de publier leur pourcentage de produits bio, « seuls les “bons élèves” se donnent la peine de renseigner le site, ce qui conduit à une surestimation importante du taux de bio », estime Agir pour l’environnement. Aucune sanction n’est prévue par la loi en cas d’absence de déclaration ou de non-respect du quota de bio.
De nombreuses communes hors-la-loi
L’association a publié en janvier 2026 son propre palmarès des cantines bio. Elle a demandé aux 97 villes préfectures de France hexagonale de lui fournir leur taux de bio acheté en 2024 pour les cantines de leurs écoles primaires. Résultat : si 66 villes respectaient la loi, 20 n’atteignaient pas le seuil légal.
Les autres communes sollicitées n’ont même pas pris la peine de répondre. C’est la ville de Saint-Étienne qui était en haut du podium avec 74,5 % de bio dans ses cantines du premier degré en 2024, suivie de Périgueux avec 70,8 % et Bordeaux avec 66,2 %.
Parmi les communes en fin de classement, figurait notamment Orléans, avec seulement 4,6 % de bio. Pour la préfecture du…
Auteur: Fabienne Loiseau
