Si, au tournant du siècle, il était, pour certains, plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme, si le capital était alors notre seule ontologie et si le « réalisme capitaliste » (Mark Fisher) s’était, en quelque sorte, anthropomorphosé et cosmologisé, sous les figures de l’homo economico-reaganus – l’homme économique reaganien apparu au tournant des années 80 – et de l’organisation mondiale du commerce (WTO, 1995), ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui.
Certes, depuis les années 1990, l’imagination révolutionnaire de gauche a été frappée par la variole « fukuyamisme » : « nous sommes tous fukuyamistes » disait Zizek. Soit : la démocratie libérale électorale, faiblement parlementaire, est devenue le terminus radieux de la longue glaciation que l’on sait. Et, d’un certain point de vue, le « désert du réel » de ces années-là, tellement insupportable dans sa neutralité générale, sa fatigue, son épuisement normatif, son babille bourgeois et progressiste, s’est vu investir par deux ordres de fantasmes hétérogènes, mais dont nous assistons, peu à peu, à l’étrange synthèse. L’ordre des fantasmes romantiques, néogothiques ; l’ordre des fantasmes cybernétiques. Je veux essayer d’imaginer comment le capital rencontre la réaction sous la double forme de l’entreprise technofuturiste et du Castelvania – château de vampire néogothique et cité-États cybernétiques ou comment le capital s’exprime au cinéma en vampire paléo-futuriste.
1 – Capital gore-gothique
Matrix (1999) – le Spectacle est désormais Simulation.
Premièrement, au tournant des années 2000, à l’époque où Tiqqun rejouait la carte du « Spectacle », l’hégémonie du Spectacle était en train d’être grand-remplacée par celle des Simulacres et de la Simulation. Autrement dit : le platonisme des ombres de la caverne cinématographique comme le scepticisme…
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Auteur: dev

