Capitalisme ou néolibéralisme ?


Le dernier ouvrage de Jean-Luc Mélenchon, Faites mieux ! Vers la révolution citoyenne, met au centre de sa compréhension du monde social le sujet politique du « peuple », que j’ai interrogé dans une précédente chronique à partir des outils intersectionnels. Je souhaite ici revenir sur l’autre élément qu’il met au centre de la conflictualité contemporaine : « l’oligarchie », qui s’oppose donc au peuple.

Étymologiquement, ce terme désigne un mode de gouvernement où le pouvoir est détenu par un petit nombre, et c’est bien en ce sens que Jean-Luc Mélenchon reprend cette notion, afin de souligner ce qu’il perçoit comme une importante évolution du capitalisme : les richesses, tout comme le pouvoir politique, seraient de plus en plus concentrés entre les mains d’un petit nombre de personnes qui « forment une classe dominante, détiennent les moyens de production, le monopole des réseaux et de l’information ». À certains moments, il précise qu’il s’agit d’une « oligarchie financière », qui « se distingue de la bourgeoisie traditionnelle même si elle la contient parce que son nombre est plus faible, sa propriété, plus diffuse ».

Il est indéniable que l’analyse du capitalisme doit être actualisée à l’aune des évolutions engendrées par l’offensive néolibérale des années 1980. Pour autant, la rupture peut être nuancée : le fait que la richesse soit détenue par un petit nombre n’est pas un phénomène nouveau ; que le secteur financier soit un élément déterminant de l’économie non plus. Mais au-delà de ces questions de l’ordre de l’analyse, on ne peut s’empêcher d’y voir aussi un enjeu plus stratégique. Ne serait-ce pas là un moyen de distinguer le néolibéralisme du capitalisme, pour défendre une perspective plus antilibérale…

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Auteur: Aurore Koechlin

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