Les lapins pourraient bientôt disparaître des espaces verts de la capitale. Le mois dernier, la justice a rejeté la demande de l’association de protection animale Paz de cesser la capture de ces petites bêtes installées sur l’esplanade des Invalides, à Paris. Cette colonie de léporidés, la deuxième plus grosse de la capitale après celle du bois de Boulogne, doit être déplacée en Seine-et-Marne.
Depuis quelques années, le lapin est moins souvent dans nos assiettes que dans nos foyers, où il est devenu un animal de compagnie apprécié. Mais il vit aussi en liberté : de nombreux lapins se sont installés à l’état sauvage, d’abord dans les campagnes, puis peu à peu en ville. Il n’est plus rare d’apercevoir leur pelage brun dans les parcs, les jardins et sur les ronds-points.
Leur présence à Paris remonterait à une dizaine d’années, mais l’espèce, originaire de la péninsule Ibérique, s’est répandue en Europe depuis le Moyen Âge. Les paysans les élevaient alors dans des « garennes », des enclos ou des terrains réservés à la chasse. Le mot se retrouve d’ailleurs dans la toponymie francilienne, comme La Garenne-Colombes ou Clichy-la-Garenne.
Peu de prédateurs et beaucoup de nourriture
Au fil du temps, certains animaux se sont évadés ou ont été relâchés, et la population sauvage s’est étendue à tout le pays. Les lapins ont progressivement rejoint les villes en suivant des corridors verts, comme les talus près de voies ferrées, ou les bords d’autoroutes.
Une fois installés dans un espace vert urbain enclavé, comme l’esplanade des Invalides, les léporidés s’y maintiennent facilement grâce à la présence de nourriture toute l’année, l’absence de prédateurs et des hivers plus doux. S’y ajoutent des lapins domestiques parfois abandonnés par leur propriétaire, qui rejoignent les colonies sauvages.
Si les passants et les touristes…
Auteur: Camille Sciauvaud
