Limiter le réchauffement climatique et ses impacts nécessite d’atteindre la “neutralité carbone”, le moment où les émissions humaines de dioxyde de carbone (CO2, principal gaz à effet de serre, nous n’aborderons pas les autres gaz dans cet article) seront compensées par des retraits équivalents de l’atmosphère avec des actions humaines directes.
La majorité des efforts doivent indiscutablement porter sur la réduction des “émissions positives” (ou “brutes”), celles dont on parle tout le temps. Les “émissions négatives”, moins connues, offrent aussi un potentiel important … mais plus incertain et âprement débattu.
Dans cet article nous reviendrons sur leurs principes, leurs enjeux et les principaux débats concernés.
Émissions et retraits dans le cycle du carbone
Il faut compter sur des retraits par l’humanité si l’on veut atteindre la neutralité carbone car on n’arrivera probablement pas à supprimer 100% des émissions de certains secteurs (par exemple aviation, agriculture, industrie lourde …). Il faudra donc compenser ces émissions résiduelles.
Notons qu’on n’inclut pas dans le périmètre de la neutralité carbone les puits de carbone naturels (forêts et océans) qui agissent sans interaction humaine. S’ils contribuent actuellement à ralentir le réchauffement, à long terme et sans ajout supplémentaire de CO2 dans l’atmosphère, ils sont réglés par le cycle du carbone et tendront vers un équilibre qui ne compensera jamais 100% des émissions passées.
Il faudra aussi compter sur ces retraits par l’humanité pour refroidir le climat, notamment pour réduire les risques si l’on dépasse certains seuils comme 1.5°C, ce qui est très probable en l’absence d’efforts supplémentaires importants.
Notons qu’émissions et retraits n’ont pas exactement un effet symétrique selon…
Auteur: Emmanuel Pont

