Peu après le début de la guerre en Iran, le diesel a dépassé les 2 euros le litre en moyenne en France, tandis que l’essence en est très proche. Le carburant représente une part de plus en plus importante du pouvoir d’achat des Français obligés de prendre leur voiture pour aller travailler ou pour se déplacer dans des régions dont les transports publics sont sinistrés. Mais comment une guerre à des milliers de kilomètres d’ici peut-elle aboutir quasi immédiatement à une dégradation de nos conditions de vie ? La hausse des carburants observée en France ne peut être réduite à un simple effet mécanique de la guerre : elle résulte d’un système complexe de formation des prix où s’entremêlent marchés mondiaux, stratégies industrielles et fiscalité nationale. Il serait tout à fait possible de faire autrement.
Les trois quarts des Français prennent leur voiture pour aller travailler. 45% d’entre eux n’ont pas d’autres solutions et si on se concentre sur les personnes vivant en-dehors des grands pôles urbains c’est 70% d’entre eux qui ne peuvent pas faire autrement. Toute hausse du prix du carburant est donc vécue dramatiquement par beaucoup de Français ayant des faibles revenus, le montant dépensé en essence dépassant souvent les 150 euros mensuels.
Le carburant vendu dans les stations-service françaises provient du pétrole brut. Son prix est fixé sur des marchés internationaux où s’échangent chaque jour des millions de barils. Lorsque les tensions géopolitiques augmentent, et en particulier en cas de guerre, les investisseurs anticipent un risque de diminution de l’offre de pétrole en circulation. Le détroit d’Ormuz, par exemple, voit transiter près d’un cinquième du pétrole mondial (produit par l’Iran, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite). Toute menace sur ce passage stratégique fait grimper les prix. Le prix du pétrole augmente fortement…
Auteur: Guillaume Étievant

