Les autorités françaises le savent depuis longtemps, il ne faut pas énerver les bretons.
Des étincelles dans la nuit finistérienne. Vers 1 heure du matin , le mercredi 22 janvier, à Carhaix dans le Finistère, les locaux du Parti Socialiste ont été incendiés. Un feu a été allumé avec des palettes et des pneus devant l’entrée du bâtiment, noircissant la façade, accompagné d’un tag : «PS, social-traitre». Une référence évidente au soutien de fait du PS au gouvernement Bayrou, il y a quelques jours.
Une enquête est ouverte et la gendarmerie a mis les grands moyens, entourant la zone de ruralises et collectant tous les indices. Le président de la région Bretagne «condamne fermement» cet acte, et ajoute «qui a donc si peur du débat démocratique pour recourir ainsi à la violence ?» Une question qu’il ferait mieux de poser au président, qui a mis en charpies le fameux «débat démocratique» à coup de grenades, d’arrestations et de 49.3, quand il ne piétine pas directement le résultat d’élections qu’il a lui-même convoquées.
Carhaix, ville située dans le Kreiz Breizh, le centre-Bretagne, un territoire populaire et délaissé, est un épicentre des luttes sociales et des résistances en tout genre. Ces derniers mois, une importante mobilisation s’y est organisée pour maintenir des services hospitaliers. En 2014, quelques semaines après l’assassinat de Rémi Fraisse, ce même local du Parti socialiste de Carhaix avait déjà été visé par un jet de cocktail molotov sur la façade, avec un tag «vengeance pour Rémi».
Sous le quinquennat épouvantable de François Hollande, ponctué de mesures anti-sociales, liberticides et de mutilations d’opposant-es, des dizaines de locaux du PS avaient été pris pour cible. En particulier en 2016, lorsque le trio Hollande-Valls-Macron avait imposé par 49.3 la sinistre Loi Travail, qui précarisait encore plus les classes populaires. En trois mois, la presse avait recensé…
Auteur: B

