C’est un trentenaire aux cheveux en bataille, qui porte une boucle d’oreille et a des airs de « socialiste », selon un élu de gauche catalan. Début novembre, lors du meeting « Madrid Sud Debout », dans un quartier populaire de la capitale espagnole, il dénonçait les difficultés rencontrées par de plus en plus d’Espagnols pour se loger.
« Comment fonder une famille dans une colocation ou depuis le canapé-lit de ses parents ? Comment jouir d’intimité, d’autonomie, être libre, dans ces conditions ? Bon sang ! Qui va être heureux dans ce modèle de vie qu’ils nous proposent ? », s’y insurgeait l’homme. Mais Carlos Henrández Quero n’est pas de gauche. Depuis fin 2025, il est le nouveau porte-parole du parti d’extrême droite espagnol Vox.
Au niveau national, Vox est crédité actuellement d’environ 16 à 18 % d’intentions de vote dans les sondages. Après sa percée aux élections générales de 2019 (équivalent des législatives françaises), avec 15 % des voix, le parti était redescendu sous les 13 % lors des élections de juillet 2023, et avait recueilli des résultats décevants au niveau des régions la même année.
Aujourd’hui, Vox est à nouveau sur une pente ascendante. Il a obtenu 18 % aux élections régionales d’Aragon, dans le nord-est de l’Espagne, le 8 février, contre 11 % il y a trois ans. En décembre en Estrémadure, une région rurale de l’Ouest, Vox avait attiré 17 % des voix, le double qu’en 2023.
Assaut sur les classes populaires
Pendant longtemps, Vox peinait à séduire les classes populaires. « Vox cherche aujourd’hui à attirer plus de voix et c’est auprès des classes populaires qu’il peut les trouver, pointe le chercheur Steven Forti, professeur à l’université autonome de Barcelone, spécialiste de l’extrême droite. Carlos Quero est la figure la plus visible d’une stratégie de conquête de ce public dans les grandes villes et les périphéries. »
Le…
Auteur: Alban Elkaïm

