Chaque année, le carnaval antillais de Montpellier rassemble des milliers de personnes, comme ici lors de l’édition 2020. (Photo de Virginie Ouhlen/DR)
Des critères exclusivement sécuritaires sont évoqués par le maire de Montpellier pour justifier l’interdiction du “vidé”, le cortège de rue du carnaval antillais, ce samedi 22 février. Ultra populaire, juvénile, incontrôlé et festif, cet événement paraissait complètement insolite au regard des modèles montpelliérains. Sans quoi, on aurait sans doute réfléchi à deux fois avant d’intimer l’ordre de rester chez elles à plus de dix mille personnes
Les carnavaliers montpelliérains savaient trop bien, depuis un paquet d’années, ce qu’il en coûte de vouloir maintenir la tradition absolument occitane et rebelle du “Carnaval des Gueux”. C’est à coup de matraques, de gazages, de nasses et de comparutions directes que la sociale-démocratie montpelliéraine, alliée aux préfets les plus droitiers, a tenté obstinément d’en venir à bout, chaque soir du Mardi-Gras année après année. En vain, du reste. On peut leur concéder qu’en procédant ainsi ils avaient fait de ce rendez-vous spontané un haut-lieu de l’esprit libertaire insoumis. Au point d’y voir argument suffisant pour soumettre cette dissidence culturelle et politique au rouleau compresseur d’une répression implaccable. Montpellier, ville apaisée.
Le carnaval antillais de Montpellier n’a rien à voir avec ça. Il est né voici bientôt vingt ans, d’associations d’étudiants caraïbéens. Diverses péripéties en ont fait peu à peu un rendez-vous attirant depuis la France entière. Voire les Antilles. Depuis une paire d’années, la participation tournait autour des dix mille personnes, très juvénile, dans une atmosphère exubérante de musiques, de costumes, y compris très dénudés en cette période hivernale. Chaud les coeurs. C’en était profondément…
Auteur: Le Poing

