Un large hématome sur l’avant-bras, une plaie au visage nécessitant des sutures, une surface de peau brûlée, un poignet tuméfié et douloureux, des crises de panique – toutes des blessures volontaires sur des corps d’enfants de 15, 14, parfois même 13 ans. Les récits des jeunes rencontré·es sont précis, se répètent, concordent avec les vidéos qui sont montrées en boucle ; l’émotion et parfois le choc se font ressentir chez certain·es. Plusieurs d’entre nous, en tant que soignant·es, étions aux premières loges pour attester de la violence policière ces derniers jours à Bruxelles.
Des conséquences physiques et psychiques
Au-delà des lésions, ce sont les conséquences de celles-ci sur les corps qui nous restent en tête. Car les violences policières qui impliquent des mineurs les exposent à des conséquences médicales complexes, physiques et psychiques, à court et à long terme et dont la gravité est souvent sous-évaluée. Sur le plan physique, les lésions peuvent aller de simples contusions, à des fractures ou des atteintes neurologiques et respiratoires graves : commotions cérébrales, troubles neurocognitifs persistants, irritation aiguë des voies respiratoires due à l’exposition aux gaz lacrymogènes (en particulier chez les personnes asthmatiques).
Les conséquences psychiques sont également très présentes et tout aussi préoccupantes : l’exposition à la violence peut générer des états de stress post-traumatique qui se manifestent par des reviviscences, de l’hypervigilance, des attaques de paniques, du détachement, ensuite des altérations durables du sentiment de sécurité et de confiance interpersonnelle et enfin des troubles anxio-dépressifs. Au-delà de la violence physique, il s’agit également d’une violence symbolique et psychologique, puisque de nombreux comportements et propos racistes, homophobes, transphobes et sexistes nous ont été rapportés par les jeunes, susceptibles de…
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