Casques bleus : le chef de l’ONU veut cesser de « maintenir une paix qui n’existe pas »

Le constat tient en une formule : « On ne maintient pas une paix qui n’existe pas ». Devant le Conseil de sécurité, vendredi, le chef de l’ONU a défendu une refonte des opérations de paix des Nations unies qui part moins des défaillances des Casques bleus que de celles de leurs donneurs d’ordre.

« Depuis près de dix ans, je vois ce que les Casques bleus peuvent accomplir lorsque le Conseil de sécurité fait bloc derrière eux – et ce qu’ils endurent lorsqu’il est divisé », a déclaré le Secrétaire général. « Nous ne manquons pas d’outils. Ce qui nous manque, trop souvent, c’est la marge de manœuvre politique pour nous en servir ».

Le rapport qu’il était venu présenter décrit un environnement qui n’a plus grand-chose à voir avec celui dans lequel s’est imposé le modèle contemporain du maintien de la paix. 

Jamais depuis 1945 le monde n’avait compté autant de conflits. Les morts au combat des cinq dernières années dépassent celles enregistrées pendant les 20 années précédant 2021. Entre 2024 et 2025, le nombre de conflits interétatiques a doublé. Environ la moitié des guerres internes comportent désormais une dimension internationale.

Photo de l’ONU/ Laura Jarriel
Le Secrétaire général António Guterres prend la parole lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au maintien de la paix.

Une paix préalable

Pendant trois décennies, le modèle dominant consistait à déployer des Casques bleus pour accompagner l’application d’un accord de paix conclu à l’issue d’une guerre civile. Or ces accords sont devenus plus rares. Certaines missions se retrouvent ainsi chargées non plus de préserver une paix fragile, mais de contenir une guerre persistante, parfois alimentée de l’extérieur.

Dans le même temps, le champ de bataille a changé. Drones, cyberattaques, systèmes d’armes…

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Auteur: Nations Unies FR