C’est une catastrophe sociale, une de plus, parmi les dizaines de «plans sociaux» en cours dans le pays. Le géant de l’acier ArcelorMittal annonce une vague de licenciements massive visant 600 travailleurs de l’entreprise sur plusieurs sites en France. Quasiment 10% des effectifs de l’entreprise du pays vont disparaître.
Sur le site de Dunkerque, où 177 postes sont menacés, c’est la consternation. Un délégué syndical explique que les postes supprimés le sont dans «des secteurs qui sont là pour assurer la sûreté de notre site industriel» et ajoute : «Si on veut tuer une entreprise, on ne peut pas faire mieux. On attend qu’il y ait une explosion ? C’est un AZF 2 qu’on veut ici ?»
À Basse-Indre, près de Nantes, 80 licenciements sont annoncés dans cette usine qui fabrique le métal pour les boîtes de conserve. C’est un coup de massue : 25% des effectifs supprimés. Les forges de Basse-Indre avaient été créées en 1824. Un patron d’ArcelorMittal était même venu célébrer leur bicentenaire en septembre dernier, évoquant cyniquement «200 ans de savoir-faire». Et jusqu’à l’annonce des licenciements, aucune information n’avait été donnée aux salariés. Le maire craint une fermeture pure et simple de l’usine. C’est un désastre pour la commune, des dizaines de familles risquent de se retrouver sur le carreau.
Ces postes sont supprimés au nom de la «concurrence» et de la «compétitivité», et seront en partie délocalisés en Inde ou au Brésil. C’est toute la filière industrielle française de l’acier qui est désormais sur la sellette.
Pourtant, ArcelorMittal reçoit des cadeaux gigantesques de l’État français. En 2023, le groupe a reçu près de 300 millions d’euros d’argent public. Mais comme ce n’était pas suffisant, le gouvernement a promis à l’entreprise un investissement public de 850 millions d’euros supplémentaires pour aider à la «décarbonation». Faites le calcul :…
Auteur: B

