Paradoxe : dans une société du contrôle à outrance, les catastrophes climatiques, financières, sanitaires ou sociales se multiplient. Le sociologue Florent Champy s’appuie sur des films de fiction pour en décrypter les raisons.
D’où vient votre intérêt pour l’étude des catastrophes ?
Florent Champy En tant que citoyen, je constate que nous vivons dans des sociétés de plus en plus sécuritaires, où pourtant des catastrophes, des dégâts portant atteinte à la vie humaine ou au fonctionnement social se produisent alors qu’ils auraient pu être évités. C’est un paradoxe des sociétés modernes occidentales, dont la catastrophe climatique est un bon exemple, car l’alerte avait été lancée il y a plus de 50 ans par les scientifiques.
Je me suis donc demandé : qu’est-ce qui empêche de prévenir ces catastrophes évitables ? L’originalité de ma démarche a été d’étudier cinq catastrophes, et d’identifier leurs similitudes et leurs différences en prenant appui sur des films de fiction.
Que vous a apporté l’étude de ces œuvres cinématographiques ?
F. C. Les films de fiction permettent de saisir en moins de trois heures la complexité d’une situation, les émotions ressenties par les protagonistes, les conduites possibles et les obstacles rencontrés quand on tente d’empêcher une catastrophe. Ces films m’ont servi de modèles, comme les souris en biologie…
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