Cancale (Ille-et-Vilaine), reportage
Sur la plage de Port-Mer, à Cancale, une vingtaine d’enfants en ciré jaune crapahutent sur les rochers, telle une colonie de petits manchots sous la pluie. « Un crabe, un crabe, j’ai trouvé un crabe ! » hurle Soukaina, 8 ans, en soulevant un gros rocher. À ce cri, douze gamins s’agglutinent autour d’elle pour admirer sa trouvaille : « Oh la chance ! »
Le crabe est si gros que Soukaina a peur de le prendre dans sa main. Lucie, l’animatrice le fait pour elle : « Vous voyez les motifs sur ses pattes ? C’est un crabe marbré. Bravo Soukaina ! » la félicite-t-elle, en lui montrant comment l’attraper sans se faire pincer.
Ces élèves de CE1 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) sont venus passer une semaine de classe de mer au centre Virginie Hériot, à la pointe de Cancale. Cet imposant édifice en granit qui surplombe la mer doit son nom à la première navigatrice française sacrée championne olympique. Mais le lieu, aussi connu sous le nom de château de Barbe Brûlée est menacé de « désaffectation », c’est-à-dire d’être retiré de l’usage du public, pour raisons financières, et pourrait mettre la clef sous la porte d’ici août 2026.
Pour certains enfants, c’était pourtant quasiment la première rencontre avec la mer : « Anaïa n’a vu la mer qu’une seule fois, quand nous étions allés visiter Saint-Malo et le Mont-Saint-Michel. Mais elle n’avait jamais mis les pieds dans l’eau, ni fait de pêche à pied », explique Rémy, son papa, qui accompagne la classe durant tout le séjour.
« Souvent, la plage qu’ils connaissent, c’est le sable blanc, le parasol et les jeux de sable, renchérit Mme Lopes, leur enseignante. Ils n’ont pas l’habitude d’aller soulever des rochers pour observer la vie en dessous. »
« On ne sait même pas si on pourra accueillir les 1 800 élèves prévus en 2026 »
Hélas, avec cette potentielle…
Auteur: Mathieu Génon, Scandola Graziani

