Des architectes et des espèces protégées
Dans ce vieux bâtiment en pierre, à Melle (Deux-Sèvres), l’échelle en bois à laquelle il manque un barreau est encore vacillante. Elle permet d’accéder à l’étage – le seul – d’une ferme qui n’est pas passée loin de la destruction. Menacée par un projet de lotissement, la ferme de la Genellerie a finalement été rachetée par la mairie melloise, permettant d’y installer un maraîcher qui fournit ses produits au bistrot local. Depuis, sous les combles et à l’abri de la lumière, un cocon capable d’accueillir une foultitude de vie est sur le point de voir le jour.
Les naturalistes en sont certains : cet espace abrité, avec sa charpente en bois, pourrait facilement devenir un abri inestimable pour les chauves-souris, et plus particulièrement pour le grand rhinolophe, espèce protégée présente dans la région. En plus d’apporter un abri protecteur à ce chiroptère, l’installation d’un nid douillet pour l’espèce protégée permettrait également de pérenniser l’existence et l’activité de la ferme.
Une démarche militante contre l’accaparement et l’artificialisation des terres nourricières, et pour la production d’alternatives architecturales désirables. Mais pour mener à bien ce chantier de refuge pour chauves-souris, certains savoir-faire en matière de construction sont nécessaires. Cette mission, c’est justement celle que se donne le collectif de Bâtisseureuses des terres, principalement composé de personnes issues du secteur du bâtiment.
Le grand rhinolophe – Crédit : Wikimedia Commons
Concrètement, les naturalistes des terres ont ici apporté leurs connaissances du grand rhinolophe pour indiquer ses besoins aux bâtisseureuses, qui prennent ensuite le relais pour construire le refuge, selon les indications des naturalistes.
Outre les structures et le plancher renforcé pour l’occasion, « il a fallu construire des menuiseries spéciales…
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Auteur: La Relève et La Peste

