Nous publions ici un reportage de Juliette Duquesne, journaliste indépendante, créatrice du média Carnets d’Alerte et co-autrice de « l’eau que nous sommes, un élément vital en péril » (les Presses du Châtelet).
Michel n’aurait jamais pensé être licencié… Encore moins à 57 ans, pour avoir voulu scrupuleusement faire son travail : préserver l’eau de la pollution agricole !
Michel est animateur « captages prioritaires ». L’eau des captages arrive à nos robinets. Une eau souvent traitée afin de retirer la pollution, ou mélangée à l’eau d’un autre captage plus propre pour ne pas dépasser les seuils de potabilité.
En France, 1000 captages ont été définis comme prioritaires sur 33 000. L’objectif de classer ces captages comme prioritaires est d’éviter leur fermeture et de diminuer leur pollution en nitrates et pesticides.
Cette figure schématise différents périmètres de protection autour des zones de captage en France
Le rôle de ces animateurs est crucial, « notre travail consiste à tenter de modifier les pratiques agricoles sur les aires d’alimentation pour améliorer la qualité de l’eau », explique ce passionné d’agriculture.
En 2014, Michel est embauché dans l’ouest de la France par des syndicats d’eau, une compétence qui est devenue celle des communautés de communes en 2018. Il s’occupe de quatre captages prioritaires dont trois dépassent les seuils de potabilité. Dès son arrivée, il est prévenu : « il ne doit pas faire de vague ». Il travaille dans un territoire rural et agricole de l’ouest de la France.
Avec un autre de ses collègues qui gère également 4 captages, ils réussissent tout de même à mettre en place quelques actions avec des agriculteurs volontaires -une vingtaine sur une centaine- et ils obtiennent même des prix pour leurs animations.
Ils ont, par exemple, mis en place des couverts végétaux multi-espèces sur les sols afin de pomper l’azote…
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Auteur: La Relève et La Peste

