Randal Plunkett, un héritier aristocrate écolo
Malgré les coutumes séculaires de ses aïeul·es, Randal Plunkett aime à rappeler que sa famille a, en son temps, produit des œuvres de charité, en miroir de sa foi catholique. Durant les épisodes de famine ayant décimé l’Irlande entre 1845 et 1852, les Plunkett créèrent une soupe populaire et firent des dons aux nécessiteuses et nécessiteux.
« Dans notre monde, du moins à une époque, le socialisme était perçu comme une trahison », commente Randal, pour La Relève et La Peste. À ce jour, cette idée « d’utiliser ses privilèges au bénéfice des autres » imprime les actes du lord.
Après une phase de déni, celui-ci a réalisé qu’une menace existentielle pesait sur la nature, au-delà des préoccupations humaines et sociales auxquelles une partie de sa famille était sensibilisée.
« Bien que nous ayons été dans une situation financière compliquée au moment où j’ai repris les lieux, j’étais prêt à sacrifier mon confort et un grand nombre d’opportunités pour réaliser mon projet de réensauvagement », confie-t-il.
Mais cette décision ne s’est pas faite sans heurts, puisqu’un état d’esprit bourgeois régnait parmi ses proches, lesquel·les considéraient l’opportunité de générer des revenus (NDA : les siens diminuèrent de 25 %), là où il percevait l’intérêt scientifique, voire philosophique, de la démarche. Il pose d’ailleurs un regard critique sur le réensauvagement que pratiquent ses voisin·es anglais·es : selon ses dires, ce modèle servirait parfois de caution à un enrichissement personnel, via des services de glamping (ou « camping glamour »).
Le château de Randal Plunkett – Crédit : Finnian Power
De la ferme au sanctuaire
Lorsque Randal Plunkett succéda à son père en 2011, tout restait à construire. En effet, les terres étaient entièrement consacrées à l’élevage bovin et ovin. Durant trois ans, lui et son ancienne…
Auteur: Rodolphe Lamothe

